vendredi 1 février 2019

En suivant le lutin Taranis Arga…


Au coeur du parc naturel régional des Monts d’Ardèche se trouve une montagne magnifique, la montagne du Tanargue. Elle abrite sur ses flancs, des forêts anciennes, des zones humides, des pelouses d’altitude, des chaos rocheux…  et tous le petit monde qui va avec : des papillons, des orchidées, des lichens, des hêtres, des sapins… des bio-trésors comme il en existe encore.


Le thème de février du RDV En France Aussi, créé par Sylvie du blog Le coin des voyageurs, c’est justement Zones humides, un thème facile quand on vit en Ardèche. Parce qu'ici, les zones humides c'est pas ce qui manque ! elles sont même incluses dans la toponymie : les sagnes et les narces qu'on retrouvent dans les noms de villages Lanarce, Sagnes et Goudoulet, ou dans les lieux dits, désignent les tourbières et les prairies humides. Alors c'est avec joie que je relève le défi lancé par Mitchka, du blog Fish and Child(ren) Chroniques de Voyage avec enfants et cannes à pêche, je vais enfin pouvoir vous montrer quelques photos de fleurs et autres insectes !


Aujourd’hui, nous allons suivre le lutin Taranis Arga, pour une randonnée de 2 ou 3 heures – avec les pauses photo. Comme pour la balade du Ron de Coucoulude, nous partons de la station de la Croix de Bauzon, à 1365 m d’altitude. Le « lutin » est un clin d’œil à l’étymologie du nom Tanargue, qui vient de Taranis Arga, Taranis le dieu du tonnerre, arga la montagne : la montagne du tonnerre. Mais le lutin qui nous guide est bien réel, la preuve, je l'ai pris en photo :


Nous empruntons d’abord une large piste forestière, qui monte dans la forêt des Chambons. Après 10 minutes de montée, un petit sentier s’échappe sur la gauche dans les sapins. C’est celui-ci qu’il faut repérer et prendre. Là, le chemin monte raide, en lacets sous les sapins, puis dans la hêtraie. Pas de panique, si vous n'êtes pas familiers des plantes et des bestioles, des panneaux d’informations jalonnent le circuit. 



Les pauses permettent de profiter du paysage : entre les arbres, on découvre les montagnes environnantes, et sous les futaies les fleurs d'arnica ou encore les grandes gentianes...

Arrivés en haut, on rejoint une autre piste forestière, qu'on suit un moment à plat sur la droite. Là, il faut prendre un petit sentier qui s'enfonce à gauche entre les sapins. Une vaste clairière s'offre alors à la vue.

Nous voici à la prairie du Rieu Grand - le long ruisseau ou même le Rio Grande si vous voulez.  Il s'agit d'une prairie humide : heureusement, pour le confort de tous, un ponton a été aménagé. Depuis quelques années, il n'y a plus de troupeaux sur cette partie de la montagne, et la nature reprend ses aises. Rares sont aussi les gens qui s'aventurent aussi loin. Impossible d’accéder ici en voiture - et c'est tant mieux ! Le prochain village est à plusieurs heures de marche... Hormis quelques randonneurs, ou naturalistes passionnés,  dépassé les abords immédiats de la petite station, on ne rencontre personne. Sauf les habitants de Microcosmos, bien sûr !




Le ruisseau coule partout, en dessinant des berges à quelques endroits, mais surtout en s'infiltrant entre les herbes : la prairie humide fait partie des marais.





Allez, on continue ! La forêt se fait plus clairsemée et on arrive à un col. De là, on peut faire un aller-retour jusqu'en haut du Grand Tanargue à 1511 mètres d'altitude. La vue à 360 ° y est somptueuse : par temps clair, on aperçoit la chaine des Alpes, le Ventoux , d'un côté, les Cévennes, le Mont Mézenc et le Gerbier de Jonc, de l'autre.



De retour au col, nous nous engageons dans la Tourbière des Mayes. L'herbe reprend vite sa belle couleur d'un vert intense. En quelques mètres on passe d'une prairie sèche - pour monter au sommet du Tanargue, à un paysage de tourbière, gorgé d'eau. Il s'agit ici d'une tourbière d'altitude, telle qu'on en voit aussi dans les Alpes, ou même beaucoup plus loin, dans les terres arctiques. La tourbière s'est formée avec les grosses pluies qui tombent de ce côté de la montagne, les sources et un sol argileux qui retient l'eau.




Ce sont en grande partie les sphaignes, des mousses qui absorbent l'eau comme des éponges, qui donnent cette couleur caractéristique. Les sphaignes retardent le décomposition de la matière organique et forment la "tourbe". Cette variété de mousse meurt à sa base et reste verdoyante dans sa partie aérienne. La tourbière, c'est l'écosystème ainsi formé, avec toutes les plantes et les insectes qui y vivent. La tourbe s'accumule sur des mètres de profondeur, durant des siècles et des millénaires - pour peu que l'homme ne s'en mêle pas. Ici, la tourbière des Mayes a plus de 2000 ans, elle progresse à la vitesse d'un demi millimètre par an. 


La sphaigne est une plante acide qui ne laisse pas pousser grand chose autour d'elle. Cependant quelques plantes résistent. Sur cette photo, on reconnait une droséra, plante carnivore, en pleine action : la droséra piège, puis "digère" de très nombreux insectes avec ses petites "antennes" gluantes.



Un scarabée (hoplie bleue ?) qui escalade les pousses de sphaignes pour ne pas se mouiller les pattes... On trouve aussi de très nombreuses orchidées, les pieds dans l'eau, des linaigrettes et plein d'autres petites merveilles !





Deux beaux criquets des genévriers ? installés sagement au soleil :


Allez, il est temps de redescendre, et c'est par une belle piste forestière entre les sapins que la descente vers la station se fait.


Et pour visiter d'autres tourbières ou prairies d'altitude, RDV sur le plateau ardéchois et sur le haut bassin de la Loire - côté Haute-Loire. Depuis quelques années, en fin d'été , des fêtes des tourbières sont même organisées. Au programme, des visites guidées, des conférences, des expos : amène tes bottes ! 2018.
Infos pratiques :
restauration/hébergement : sur le site de la Croix de Bauzon

Et si vous connaissez les noms des plantes/insectes, laissez un petit message...

La carte avec tous les articles "zones humides"#EnFranceAussi 

13 commentaires:

  1. wahoo tes gros plans sur des détails de la nature sont splendides. Belle journée à toi, Sandrine

    RépondreSupprimer
  2. C'est magnifique ! Les panoramas, cette verdure, les fleurs, les insectes, ça me fait rêver. Merci pour cette superbe découverte :)

    RépondreSupprimer
  3. Une véritable balade bucolique, au milieu des fleurs, un bel avant goût du printemps ! L'Ardèche est une région que j'aime beaucoup, à 2 h de route de chez moi, donc on a souvent l'occasion d'y aller aussi. A bientôt. Martine.

    RépondreSupprimer
  4. Très jolie balade, avec en prime un descriptif des plantes et des animaux ! :)

    RépondreSupprimer
  5. ça doit être très relaxant comme balade... très belles photos !!

    RépondreSupprimer
  6. Belle balade! Dans un endroit comme je les aime!

    RépondreSupprimer
  7. merci pr la balade
    on a envie d y aller aussi

    RépondreSupprimer
  8. Une magnifique balade tout comme j'aime, à la découverte des merveilles de la nature, appareil photo autour du cou... Merci pour cette très belle découverte ardéchoise que je vais ajouter à ma To Do List.

    RépondreSupprimer
  9. Tu as capturé de très beaux spécimens de fleurs. Sinon la balade avait l'air sympa, bucolique à souhait.

    RépondreSupprimer
  10. Edith - Instants de Vie & d'Ailleurs9 février 2019 à 16:53

    Génial ! Manon adorerait les passerelles et petits ponts de bois qui agrémentent la balade. Et quelle vue...

    RépondreSupprimer